| Sujet : Carta di e pieve di Corsica |
| Posté le 18-04-2008 à 09:12:51
| Depuis des ANNEES que j'attendais de trouver une carte claire des pieve de Corse au XVIIIè, à la grande époque de l'Indépendance. Aujourd'hui, après plusieurs jours de travail à l'élaborer à partir de données plus ou moins sûres, mais vérifiées, j'ai réussit à créer ceci :
(En espérant que ça s'affiche, que sinon, je passe pour un idiot). |
| | Posté le 19-04-2008 à 20:49:48
| | Impeccable ! Faut pas oublier de cliquer sur l'image, bien sûr.. |
| | Posté le 19-04-2008 à 22:47:23
| comme ça oui c'est visible???? faut cliquer sur l'image |
| | Posté le 22-04-2008 à 08:16:58
| Quelques doutes cependant subsistent quant à la frontière entre Orezza et Ampugnani, entre Campuloru et Muriani, et je trouve personnellement très étrange que la piève d'Olmia et celle de Castellu soient si grandes. En outre, si la pieve de Seve in dentru existe, je suis surprit que la pieve de Seve in fora n'existe pas (après quelques recherches, j'ai vu que cette pieva se confond avec la pieva de Sia) ; on peut également élargir la remarque à la pieve de Sorru in sù qui n'a pas son équivalent (peut être présente sous un autre nom). |
| | Posté le 22-04-2008 à 09:36:19
| Je suis d'ailleurs surpris que BOUUU BOUUU BOUUU ne l'avaitpas remarqué ! |
| | Posté le 22-04-2008 à 10:04:48
| jai ma carte ...................môaaaaaaaaaaaaaaaa
Edité le 22-04-2008 à 10:08:24 par Bouuu Bouuu Bouuu |
| | Posté le 22-04-2008 à 10:11:13
| On voit bien les différences ! ça saute aux yeux ! |
| | Posté le 22-04-2008 à 11:36:00
| oui......ça saute!!!! Corse: Trois attentats la nuit dernière Des attentats ont visé deux villas en construction et une résidence hôtelière en cours de rénovation dans la nuit de dimanche à lundi en Corse-du-Sud. En milieu de semaine dernière, après le jugement autorisant la poursuite des travaux pour la construction, à Bonifacio, de la villa du publicitaire Jacques Séguéla, Corsica Nazione Indipendente s'était déclarée "consternée par une telle mesure, dans un pays jusqu'ici épargné par le béton grâce aux Corses qui ont souvent sacrifié leur liberté et parfois leur vie". |
| | Posté le 22-04-2008 à 13:06:27
| | Et... c'était dans quelle(s) pieve ? Pas celle de Seguela ? |
| | Posté le 25-04-2008 à 12:48:54
| Merci o Bouuu Bouuu Bouuu pour cette carte. Alors, il y a effectivement quelques différences, notamment la pieve de Seve in fora, qui chez moi est partagée entre Salogna et Paomia, mais à ce titre, je me trompe, car la colonie grecque de Paomia n'existait pas à l'époque ; la pieve de Sorru in ghjò que j'avais rebaptisée par erreur Vico, mais là encore j'ai fait la correction qui s'impose ; la pieve d'Ota, que j'avais tout simplement omis (mais l'erreur a été corrigée), la pieve de Mezana qui était bien plus grande que ce que j'avais trouvé (là encore, l'erreur a été corrigée), la pieve de Serra qui n'était pas assez grande. En revanche, j'ai fait totalement abstraction du principe des dépendances communes ; trop compliqué. SINON, NOS DEUX CARTES SONT PARFAITEMENT IDENTIQUES ! |
| | Posté le 25-04-2008 à 13:13:04
| C'est quoi les dépendances communes ? |
| | Posté le 26-04-2008 à 12:15:30
| Aucune idée... Pëut être que Bouuu Bouuu Bouuu sait. |
| | Posté le 26-04-2008 à 15:02:55
| Pas savoir Pas trouvé Voir avec Georges Ravis-Giordani l'Ethnologue de service |
| | Posté le 26-04-2008 à 15:08:02
| Bouuu Bouuu Bouuu a écrit :
Pas savoir Pas trouvé Voir avec Georges Ravis-Giordani l'Ethnologue de service |
Pas possible !! |
| | Posté le 26-04-2008 à 20:06:58
| j'ai demandé à BENOIT 16 il m'a aiguillé vers son apôtre et voila la réponse DOM JEAN BAPTISTE GAÏ MOINE BENEDICTIN DE L'ABBAYE DE HAUTECOMBE L'ORGANISATION ECCLESIASTIQUE ET CIVILE Les invasions sarrasines avaient accumulé dans l'Ile les ravages matériels, semé la mort et dépeuplé le pays. L'organisation religieuse s'en trouva bouleversée et presque réduite à néant. Toute communication avec l'Italie étant devenue quasi impossible, les populations des divers diocèses insulaires furent, pendant de longues années, livrées à elles-mêmes. La crainte et parfois l'intérêt avaient eu raison de la foi de plus en plus chancelante d'un certain nombre d'habitants. Le christianisme ayant peu à peu disparu des mœurs, les passions se donnèrent libre cours. Quand la hiérarchie ecclésiastique put être rétablie, la conversion du peuple était à reprendre jusque dans ses bases. Les papes s'en préoccupèrent sérieusement. La bulle Justus Dominus, du pape Innocent II (1133), divisait l'lle en six diocèses. La difficulté de l'évangélisation, à travers un pays aussi montagneux, exigeait ce morcellement, mais les revenus des menses épiscopales se révélèrent, d'année en année, nettement insuffisants. Aussi bien, la plupart des évêques, titulaires de ces minuscules diocèses, n'y résidèrent-ils jamais. Nous avons noté, au début de cet ouvrage, les compétitions de Gênes et de Pise, qui aboutirent à un partage de la juridiction religieuse sur la Corse. Les évêchés furent, dès lors, régulièrement attribués à des prélats génois ou pisans. Jusqu'au XIVe siècle, ils y résidèrent, mais depuis le milieu de ce siècle jusqu'au concile de Trente, leurs diocésains ne les virent jamais. Considérés comme des vassaux par les deux Républiques qui les nommaient, les évêques insulaires s'efforçaient de maintenir intacte et même de développer l'influence de leurs suzerains respectifs. Ceux-ci les désignaient parfois, sans préoccupation de leur valeur morale, bien que l'on puisse compter parmi les évêques corses du moyen âge quelques prélats pieux et instruits. La Querelle des Investitures multiplia en Corse, comme en Italie et ailleurs, les divisions et les haines. On comprend qu'à ce régime, l'Ile n'ait retrouvé que très lentement la foi religieuse des premiers temps. |
| | Posté le 26-04-2008 à 20:07:11
| L'historien se désole, en étudiant la vie religieuse des diocèses corses, de n'y trouver aucun fait vraiment notable. Cela tient, sans nul doute, à l'insularité du pays, qui est généralement demeuré étranger aux grands courants chrétiens du moyen âge, et aussi à l'instabilité de l'administration ecclésiastique. A première vue, l'histoire de ces six diocèses semble pouvoir tenir en quelques pages. Elle est à peu près la même pour chacun d'eux. En recueillant certains détails un peu saillants de cette vie chrétienne au ralenti, qui fut celle de ce peuple perpétuellement agité par la guerre, on peut fixer assez exactement la physionomie de l'Eglise corse durant plusieurs siècles. L'impression première que l'on éprouve est celle de l'annaliste religieux qui examine la carte et les archives de l'Eglise africaine ou orientale. A part celui d'Ajaccio, aucun des sièges épiscopaux de l'ancienne Corse ne subsiste aujourd'hui. A peine un nom est-il demeuré sur de vagues ruines. Peu de Corses seraient à même d'identifier l'emplacement des villes épiscopales d'Accia ou de Sagone, voire de Mariana, dont la prospérité fut cependant réelle dans l'antiquité et dans les premiers siècles chrétiens. Essayons de les situer, au moins d'après les rares documents qui nous sont restés. Les lettres de saint Grégoire le Grand nous ont déjà appris que la fondation de certains évêchés de l’ile remonte à une époque très reculée. Ajaccio, Sagone, Tainum, Aléria sont des sièges parfaitement établis et font l'objet de sa sollicitude spéciale. |
| | Posté le 26-04-2008 à 20:07:39
| La ville primitive d'Ajaccio était bâtie assez loin du rivage et fut abandonnée dans la première moitié du XVe siècle. Quand l'Office de Saint-Georges entreprit de donner à la petite cité le développement que sa position lui promettait, il fit élever les nouvelles constructions au bord de la mer. Par ses soins, une cathédrale dédiée à la sainte Croix, fut bâtie sur l'emplacement actuel de la citadelle, puis malheureusement démolie en 1554 par le maréchal de Termes, En prenant possession du siège d'Ajaccio, en 1558, Mgr Jules Giustiniani posa les fondements de la, cathédrale actuelle, qui fut terminée en 1595. A l'extrémité occidentale du golfe de Sagone s'élevait la ville qui lui donna son nom. On sait tout juste que son ancienne cathédrale était dédiée à saint Appien. Tour à tour restaurée et ruinée, il n'en reste aujourd'hui que des vestiges insignifiants. Ses dimensions, qui paraissent avoir été de quatorze mètres de long sur dix de large, nous donnent une idée de l'exigüité et de la modeste importance de la ville elle-même, qui fut détruite à une époque incertaine. Le siège de Sagone fut transféré à Vico, en 1572, par Grégoire XIII, qui obligea le Chapitre à résider dans ce bourg. Pour plus de sécurité et de commodité, les évêques résidèrent à Calvi, durant la guerre de l'Indépendance. Enfin, en novembre 1801, l'évêché de Sagone était définitivement englobé clans celui d'Ajaccio. Franchissons le désert des Agriates. Dominée à l'ouest par le mont Asto et à l'est par la crête du Pigno se creuse la combe du Nebbio. A moins de deux kilomètres de Saint-Florent, on retrouve les ruines de l'ancien bourg de ce nom, siège de l'évêché de Nebbio. Seule, l'élégante cathédrale de style pisan est demeurée debout. Elle est, à coup sûr, avec la petite église de Saint-Michelde-Murato, le monument religieux le mieux conservé et le plus beau de la Corse médiévale. Du palais épiscopal, il ne reste qu'une masse de débris, tout contre la cathédrale. Bâti en 1615 par Mgr Ruscone, il avait été remis en état et agrandi par Mgr Aprosio, en 1715. L'ancienne province de Nebbio était constituée par les pièves de Saint-Florent, Patrimonio, Oletta, Muleta, San Quilieo et San-Pietro, Ses évêques avaient ordinairement leur résidence à Bastia, quelquefois à Oletta, quand ils ne résidaient pas tout simplement à Gênes. |
| | Posté le 26-04-2008 à 20:08:06
| Presque à égale distance entre Bastia et les premières falaises de la côte sud-orientale, on rencontre le village d'Aleria, bâti sur les ruines de l'antique Alalia, dont parle Hérodote. La fondation de l'évêché pourrait remonter au IIe siècle. La ville fut détruite vers 824 par les Sarrasins et abandonnée. A la fin du mir siècle, on la retrouve cependant habitée, La famille Cortinchi et l'évêque Lombardes Canins y résident encore. Un essai de repeuplement avec des colons toscans fut tenté en 1249 par Mgr Orlando Cortinco. Il avait obtenu d'Innocent IV des indulgences importantes pour ceux qui viendraient s'établir à Aléria. Effectivement, la population s'y accrut. Le palais épiscopal et la cathédrale, rebâtis en 1412 par Mgr Ambroise d'Omessa, sont de nouveau en ruines quand saint Alexandre Sauli et nommé évêque d'Aléria. Le saint prélat fut autorisé à résider à Cervione, jusqu'à la reconstruction des bâtiments épiscopaux, qui n'eut lieu que dans le courant du XVIIe siècle. Les évêques d'Aléria prenaient possession de leur siège avec un certain apparat. Une escorte de cavaliers allait les recevoir à leur débarquement à Bastia, et les ramenait en cortège. Le diocèse d'Accia n'était qu'une annexe de celui d'Aléria. Il avait été créé pour faciliter l'évangélisation des pièves montagneuses qui le constituaient Orezza, Rostino et Ampugnani. La bulle Justes Dominas le sépara d'Aléria et le soumit à la juridiction de l'archevêché de Gênes. Ses revenus étant dérisoires, Pie IV le réunit au diocèse de Mariana, et finalement le supprima en 1563. Après la conquête romaine, Marius avait fondé, à l'embouchure du Golo, une colonie, dont la prospérité a certainement été exagérée par les historiens de l'Ile. Quoi qu'il en soit de son importance politique, la ville de Mariana a probablement été évangélisée très tôt. Rome a dû lui envoyer, dès le début du IIIe siècle, des colons chrétiens et certainement son premier évêque. Le christianisme y demeura florissant jusqu'à l'invasion sarrasine du Ixe siècle, qui détruisit la ville et ses habitants. Mgr Opizo Pernice, évêque de Mariana, se bâtit, en 1289 une demeure sur la colline qui domine la plaine au sud-ouest. Un village se forma autour du palais épiscopal, d'où il prit le nom de Vescovato (évêché). Jusqu'au XVIe siècle, les successeurs de Mgr Pernice maintinrent leur siège à Vescovato. Bastia était cependant devenue le principal centre religieux de la Corse septentrionale. Le siège épiscopal devait y être normalement transféré. La belle église de Sainte-Marie remplacerait la Canonica, cathédrale de Mariana, isolée dans la plaine depuis longtemps déserte, Saint Pie V accorda à Mgr Centurions le transfert du siège à Bastia. |
| | Posté le 26-04-2008 à 20:08:33
| Au XVIe siècle, c'est-à-dire à l'époque où nous allons reprendre l'histoire du peuple corse, l'Ile reste partagée, dans le langage du pays, en deux régions délimitées par son orographie : l'en deçà et l'au delà des monts. Ce sont des vocables dont nous userons fréquemment, au cours de ce récit. Dans l'au delà des monts, ou partie occidentale de l'Ile, on comptait neuf seigneuries : Bisogeni, Attala, la Punta di Riseni, la Rocca, Istria, Ornano, Bozzi, Gozzi, Cinarca et Vico. Les Cinarcais, dont il a été question ci-dessus, gouvernaient ces seigneuries ou les avaient gouvernées dans le passé. Elles correspondaient à autant de branches de cette famille. Dans l'en deçà des monts se trouvait un petit Etat libre, qui s'administrait selon les statuts de Sambucuccio d'Alando, lorsque la tyrannie locale des « Caporaux » le permettait : c'était la « Terre du Commun » (Terra di Comune), comprise entre les sources du Fiumorbo et l'embouchure du Golo. Le Cap-Corse était une possession des Gentili et des da Mare, qui joueront un rôle important dans la première conquête française. Les Génois étaient maîtres de Bonifacio et de Calvi. Jusqu'à l'époque où Gênes s'installa dans l'Ile, celle-ci était divisée en pièces, chaque piève groupant un certain nombre de villages. L'administration génoise conserva cette division, mais réunit les pièves en provinces et les plaça sous une même autorité. L'organisation est la même pour la terre du commun et pour la terre des seigneurs. Quarante- cinq pièves pour l'en deçà et vingt et une pour l'au delà groupent quatre cent soixante-dix villages. Dix provinces comprennent à leur tour ces soixante-six pièves ; ce sont : Bastia et la région environnante, le Cap-Corse, Aléria, Corte, Calvi et ses environs, la Balagne, Ajaccio avec sept pièves, Vico, Sartène, enfin Bonifacio, jusqu'à Porto vecchio, avec son territoire. La terre du commun est aussi divisée en trois parties (terzeri), de trois provinces chacune. A cet ensemble administratif les papes du XIIe siècle avaient donné le titre de royaume de Corse, regnum Corsioe, qu'il portait sans doute déjà dans le haut moyen âge, titre que les Corses revendiqueront jusque dans leurs lettres aux rois de France. |
| | Posté le 26-04-2008 à 20:08:58
| Gênes envoyait chaque année en Corse un gouverneur, dont la résidence fixe était à Bastia. Son autorité administrative, judiciaire et militaire, était illimitée, et il ne rendait compte de sa gestion qu'à la République. Il était assisté d'un vicaire et avait dans les principales villes des lieutenants. Dès son arrivée, le gouverneur rassemblait une veduta des députés des pièves, nommés procurateurs, auxquels il faisait part des instructions du Sénat génois. Un « Syndicat des censeurs » venait chaque année de Gênes pour examiner les actes et sentences du gouverneur et de ses fonctionnaires. Les procurateurs de chaque piève élisaient, de leur côté, un Conseil des Douze pour l'en deçà, plus tard complété par un conseil des Six pour l'au delà. Les membres sont tous nobles, lettrés, ayant de la distinction et de la for. tune d'où le nom de Nobili Dodici souvent donné a ce Conseil. L'un d'entre eux est désigné pour résider en permanence à Gênes, avec le titre d'Orateur, et la charge d'exposer au Sénat les doléances du peuple insulaire. Chaque commune gardait son podestat et ses pères du commun, padri del comune, que la population élisait chaque année en s'assemblant sur la place de l'église. Il arrivait que les femmes elles-mêmes prissent part au vote. Les grandes villes avaient un conseil municipal, la Magnifica Comunità, et tout un corps de fonctionnaires, parmi lesquels nous citerons les paceri, à qui revenait la charge délicate de réconcilier les parties divisées. Dans son ensemble, ce régime donnait aux citoyens de s conscience de leur communauté » et leur garantissait, la liberté et la paix. En fait, cependant, la Superbe empiéta sur cette autonomie et restreignit « le libre jeu des institutions démocratiques corses ». L'historien allemand Grégorovius observe que « toutes ces institutions n'existaient que pour la forme. Gênes, par son gouvernement despotique et digne à jamais de la réprobation des hommes, s'appliquait à détruire la nationalité corse». Nous avons indiqué plus haut que la domination de la Banque de Saint-Georges s'exerça jusqu'en 1561. De 1553 à 1559 cependant, un événement capital vient troubler cette domination de plus en plus incontestée sur l'Ile c'est la conquête de celle-ci par les armées de Henri II, auxquelles se joignent les recrues insulaires engagées par Sampiero d'Ornano et les chefs corses. La phase la plus importante de l'histoire de l'He commence avec le débarquement de Sampiero et du maréchal de Termes sur ses rivages. |
| | Posté le 26-04-2008 à 20:10:01
| c'est bon pas de prob de pièves |
| | Posté le 26-04-2008 à 23:38:24
| 2eme sources…………………… (aprés Zilia, St Georges) LES DIVISIONS TERRITORIALES La Corse était, à l'époque romaine, partagée en douze civitates ou régions d'influence de tribus ou de clans : Vanacini, Cilebensi, Mariani, Cervini, Lignini, Opini, Sirbi, Tarabeni, Comasini, Balaconi, Titiani et Subasani. Les divisions naturelles de l'île étaient déterminées par la grande chaîne de montagnes granitiques ; la partie Est, regardant l'Italie, fut successivement dénommée Banda di dentro (bande du dedans) et Diquà dai monti (delà des monts) ; celle de l'ouest, Banda di fuori (bande du dehors) et Dilà dai monti (delà des monts). Ces divisions furent elles-mêmes subdivisées en régions caractérisées par leur situation, leur climat, leurs productions et les moeurs particulières de leurs habitants : Cap-Corse, Nebbio, Marana, Balagne, Casinca, Campoloro, Castagniccia, Cinarca, Fiumorbo et La Rocca. Politiquement, la Corse se trouva successivement morcelée, dès le XIe siècle, en fiefs seigneuriaux : Peverelli, Delle Sucre, Da Mare, Gentili, Bagnaninchi, de Nebbio, Cortinchi. Marchesato (Massa) et Cinarchesi (dont le domaine se subdivisa en Cinarca, della Catena, da Leca, della Rocca, d'Istria, d'Ornano, d'Attallà, da Bozi et da Gozi). Au XIVe siècle, la partie orientale ayant secoué le joug de ses feudataires (da Nebbio, Bagnaninchi et Cortinchi) et ses populations s'étant données à la Commune de Gênes, devint, sous la qualification de Terra del Comune, partie intégrante de la Sérénissime République. Cette dernière, dès qu'elle eut définitivement pris pied dans toute l'île, la répartit en huit provinces : Cap-Corse, Bastia, Balagne, Aleria, Ajaccio, Sartène et Bonifacio ; une neuvième province, celle de Corte, détachée de celle d'Aléria, fut créée à la fin du XVIe siècle, et une dixième, celle de Vico, au milieu du XVIIe siècle. Chacune de ces provinces était subdivisée en pieves (Répartition conservée par le gouvernement national de Pascal Paoli, ainsi que par l'administration française de 1769 à 1790. La pieve était à l'origine une église principale, régie par un recteur (pievanu), curé-doyen de nos jours, ayant autorité sur les cures et prieurés.). Celles-ci n'étaient pour la plupart que des parties territoriales bien délimitées, véritables conques séparées les unes des autres par le relief même du sol. On en comptait soixante-six en 1729. Nous en donnons ci-dessous la liste, par ordre alphabétique, avec les noms des cantons qui y correspondent aujourd'hui (Le nom des pieves n'ayant pas varié est en italique.) : |
| | Posté le 26-04-2008 à 23:39:21
| Ajaccio, Alesani (Valle d'Alesani). Ampugnani (La Porta). Aregno, plus tard Regino (Ile-Rousse et Muro). Calvi (Armito). Attallà, puis Tallano (Sainte-Lucie de Tallano). Bastia. Bigorno puis Costere (Campitello). Brando. Bozio, puis Mercurio (Sermano). Caccia (Castifao). Campoloro (Cervione). Canale (Lama). Capo Corso, puis Luri, puis Seneca (Luri). Carbini (Levie). Carceri, puis Celavo (Bocognano). Casacconi (Campile). Casinca ou Quadro (Vescovato). Castello (Ghisoni). Cauro, puis Sampiero (Bastelica). Chiomi (Calvi). Cinarca, puis Orcino (sari d'Orcino). Coasina, ou Cursa (Aussi Covasina et Curza), puis Fiumorbo (Prunelli di Fiumorbo). Bigorno, puis Costera (Campitello). Cruscaglia, puis Istria e Valle, puis Tavaco (Petreto-Bicchisano). Cruzini (Salice). Giovellina ou Talcini, puis Golo (Omessa). Giussani, puis Patro (Olmi Cappella). Lota (Bastia), puis Pietrabugno (San Martino). Marana ou Orto, puis Mariana (Borgo). Matra ou Serra (Moita). Mezzana (Sarrola et Carcopino). Moriani (San Nicolao). Nebbio, puis Santo Pietro e San Quilico, puis Tenda (Santo Pietro di Tenda). Nebbio (autre partie), puis Patrimonio, puis San Fiorenzo (Saint-Florent). Niolo (Calacuccia). Nonza e Canari, puis Santa Giulia (Nonza). Oletta e Olmeta ou Provincia, puis Tuda (Oletta). Olmia ou Olmi et aussi Pino e Aregno, puis Montegrosso (Calenzana). Opino ou Serra (Moita). Orezza (Piedieroce). Ornano (Santa Maria e Sichè). Orto (v. Marana). Ostriconi ou Tuani, puis Paraso (Belgodere). Pietralba ou Canale (Lama). Pino (v. Olmia). Paomia (v. Salogno). Quadro (y. Casinca). Rogna, puis Vecchio (Venaco). Rosolo (y. Santo Quilico). Rostino (Morosaglia). Sagri, puis Portovecchio (Portovecchio). Salogno e Sia ou Paomia, puis Sevinfuori (Piana). Sant' Andrea (Muro). Santo Quilico, puis Bevinco (Murato). Sartène. Sevinentro ou Sevidentro (Evisa). Sevinfuori (v Salogno). Sia (v. Salogno). Sorroingiù (Vico). Sorroinsù (Soccia). Talavo ou Talabo (Zicavo). Talcini (Corté). Tavaco (v. Cruscaglia). Tavagna (Pero-Cosevecchie). Tomino ou Rogliano, puis Capo Bianco (Rogliano). Tuani (v. Ostriconi). Valle (v. Cruscaglia). Vallerustie (San Lorenzo). Verde (Pietra di Verde). Viggiano, puis Vallinco (Olmeto).
Edité le 26-04-2008 à 23:48:24 par Bouuu Bouuu Bouuu |
| | Posté le 26-04-2008 à 23:40:17
| La loi du 3 février 1790 fit de la Corse un département divisé en neuf districts (Eux-mêmes divisés en cantons (anciennes pieves ayant pour la plupart conservé leur dénomination) ; ce n'est que sous Charles X que les cantons prirent le nom de leur chef-lieu.): Bastia, Oletta, Ile-Rousse, La Porta, Corte, Cervione, Ajaccio, Vico et Santa Lucia di Tallano, et un décret du 16 novembre de cette même année en fixa le chef-lieu à Bastia. Le 11 août 1793, la Convention partagea l'île en deux départements : Le Golo, chef-lieu Bastia, et le Liamone, chef-lieu Ajaccio, dont le premier eut trois districts : Bastia, Calvi et Corte, et le second également trois : Ajaccio, Vico et Sartène. Enfin, par décret du 19-24 avril 1811, Napoléon rétablit le département unique et en transféra le chef-lieu à Ajaccio ; les districts prirent alors le nom d'arrondissements, lesquels, au nombre de cinq (celui de Vico étant supprimé), furent par la suite, suivant la tendance politique dominant à Paris, réduits ou redistribués par des découpages électoraux.
Edité le 26-04-2008 à 23:40:47 par Bouuu Bouuu Bouuu |
| | Posté le 26-04-2008 à 23:44:38
| |
| | Posté le 27-04-2008 à 11:29:07
| Saluti Ce Bou Bou Bou quant'ellu ne sà Sans être une remise à l'heure des pendules, un excellent rafraîchissement des mémoires que tu nous fait là A prestu |
| | Posté le 30-04-2008 à 12:23:59
| là ils ont le souffle coupé les deux Zouaves (le Mailly et le Pedru ) |
| | Posté le 30-04-2008 à 12:29:27
| |
| | Posté le 30-04-2008 à 16:56:03
| Bouuu Bouuu Bouuu a écrit :
là ils ont le souffle coupé les deux Zouaves (le Mailly et le Pedru ) |
Exact. Je dois avouer que toutes ces nouvelles informations qui m'arrivent, piombu ! Et en plus de ça, j'ai tardé pour dire merci ! Le pêcher de mon ingratitude me pesait déjà sur le coeur. Infine... en tout cas, ça va m'en faire, des nouvelles informations à étudier, pour élaborer une carte de Corse mieux, plus exacte. À ce titre, ce qui serait bien mais bien, ce serait que toute personne possédant une carte de la Corse différente de tout ce qui a été montré me la communique, que je puisse comparer. PS : une des phrases n'est pas de moi mais de Shakespeare ; laquelle ? |
| | Posté le 01-05-2008 à 10:21:52
| | Merci à Bouuu Bouuu j'ai appris pas mal de chose |
| | Posté le 06-05-2008 à 20:28:55
| La pieve au Moyen Âge. Entre le milieu du VIIe et celui du VIIIe siècle, les structures ecclésiastiques de la Corse ont été considérablement simplifiées, sans doute pour en rendre l'administration plus aisée et éviter les problèmes de vacances des sièges épiscopaux déjà constatés sous le pontificat de Grégoire le Grand. Désormais, l'île ne constitue plus qu'un seul évêché dont la cathédrale est peut-être à Mariana. À la fin du XI siècle, sans doute sous le pontificat d'Urbain II (1088-1099), les cinq diocèses de l'île (Ajaccio', Aléria, Nebbio, Mariana et Sagone) sont réactivés et les cathédrales reconstruites. Cette résurrection de l'Église primitive, conquérante et triomphante, qui retrouve son antique splendeur, est probablement le fruit du travail de l'archevêque Daibert de Pise (1088-1105), à qui le pape a inféodé la Corse en 1091. La nouvelle division du territoire en cinq diocèses sert de base à un morcellement en circonscriptions plus réduites au nombre de soixante-dix à quatre-vingts pour toute l'île. Il s'agit de la transposition d'un modèle apparu dans le Centre- Nord de l'Italie durant le haut Moyen Âge: la pieve. Cette pieve est donc, avant tout, une circonscription religieuse, correspondant approximativement à une grande vallée ou du moins à une région relativement bien individualisée géographiquement par des crêtes montagneuses et/ou des cours d'eau. À la tête de chacune d'elles se trouve une église, également appelée pieve, bâtie à la fin du XIe siècle ou dans le courant du XIIe siècle. Il s'agit d'un édifice de style roman, généralement modeste, à nef unique charpentée et terminée vers l'est par une abside semi-circulaire. La pieve détient, avec la cathédrale, l'exclusivité de la fonction baptismale. De fait, une cuve est installée dans la nef ou, plus rarement, dans un édifice indépendant jouxtant l'église. Le monopole de la fonction funéraire peut être aujourd'hui réfuté puisque la présence de tombes anciennes à proximité des églises principales et secondaires est presque systématique. Au moins des la seconde moitié du XIIe siècle, la pieve est elle-même divisée en circonscriptions plus petites également contrôlées par des églises. Il s'agit des paroisses, dans un premier temps désignées par le terme cappelle, puis parocchia à partir de la fin du XIIIe siècle. La pieve subit une évolution fondamentale entre le XIVe et le XVIe siècle. Souvent l'église, située à l'origine au centre d'un semis d'habitats dispersés, est abandonnée pour un nouvel édifice de culte construit plus près des villages. Néanmoins, la pieve en tant que territoire reste une réalité jusqu'à l'époque moderne dans la mesure où elle acquiert des fonctions fiscales et administratives. Son rôle religieux disparaît en revanche face à l'affirmation de la paroisse. La pieve à l'époque moderne. À l'époque pisane, la pieve (les pievi ou les pièves) était une division administrative ecclésiastique soumise à l'autorité d'une église piévane (chiesa matrice). Sous la domination génoise, sans perdre complètement sa dimension religieuse - le piévan demeurant le chef spirituel de cet espace géographique - elle deviendra progressivement une circonscription administrative de base ayant à sa tête un ou deux podestats, avant de se fondre à l'époque moderne dans un espace administratif plus vaste: la province*. Ensemble de communautés correspondant sur le plan géographique et économique à une microrégion, la pieve, au moment de la Révolution, donnera naissance au canton. Durant la période moderne, sous la domination génoise comme sous celle de la monarchie française et malgré quelques ajustements, on distinguera toujours entre soixante-quatre et soixante-six pièves (ou pievi), dont quarante-cinq pour le seul Deçà des Monts. Liste des pievi écclésiastiques en 1788 Les limites des pievi civiles ne coïncident pas toujours avec celles des pievi religieuses. Pievi ecclésiastiques en 1788, distribuées par diocèses : Ajaccio (14 pievi): Ajaccio, Appietto, Castro, Celavo, Cruscaglia, Mezzana, Ornano, Porto-Vecchio, Sartene, Scopamene, Talavo, Tallano, Valle d'Istria, Viggiano. Aleria (20 pievi): Alesani, Aregno, Bozio, Campoloro, Carbini, Castello, Coasina, Cursa, Giovellina, Matra, Niolo, Orezza, Opino, Rogna, Serra, Talcini, Ton, Vallerustie, Venaco, Verde. Nebbio (8 pievi): Canari, Nonza, Oletta, Olmeta (Rosolo), Patritnonio, San Fiorenzo, Santo Pietro, San Quilico. Mariana et Accia (18 pievi) Ampugnani, Bigorno (Costera), Brando, Caccia, Canale, Lama (Ostriconil, Casacconi, Casinca, Giussani, Lota (Pietrabugno), Luri, Marana, Moriani, Orto, Rostino, Sant Andrea, Tavagna, Tuani (Paraso). Sagone (10 pievi): Calvi, Cargese (Paomia), Cinarca, Cruzini, Olmia, Pino, Sevidentro, Sevinfuori, Soroingiù, Sorroinsù. POUR INFO L’EGLISE INTERDITE (document d’archives) «Azzana a été fondée par des bergers de Guagno (qui) sont censés y être venus vers 1700, chacun sur ses biens particuliers. Il en résulte une vingtaine de cabanes... qui se changèrent en maisons. A ce point, ils trouvèrent incommode d'appartenir toujours à la commune de Guagno ; ils demandèrent et obtinrent de former une nouvelle commune qui se trouva composée d'environ 20 familles. Une église étant nécessaire et les habitants peu nombreux, ils y contribuèrent tous et, comme les hameaux voisins d'Azzana et de Rezza étaient éloignés de 3 milles, ils l'élevèrent au milieu, sur une colline dite la Cardiccia. Saint Nicolas en fut le patron et, depuis, on appela indifféremment le lieu Cardiccia ou Saint Nicolas. Enfin la population augmentant, de nouvelles maisons, de nouveaux hameaux s'ajoutant aux premiers, on construisit deux chapelles, l'une à Azzana sous le nom de Sainte-Lucie, l'autre à Rezza (ou Reja) sous celui de Sainte-Marie de la Nativité et l'évêque d'Ajaccio accorda deux paroisses et deux desservants. L'église Saint-Nicolas fut alors abandonnée mais la superstition et le faux point d'honneur de quelques habitants ... se mit en mouvement et fit tous ses efforts pour la faire rétablir. A la fin, Ms' l'évêque la déclara interdite. Ce coup de foudre ne les abattit pas et, maintenant, ils espèrent en y obtenant le cimetière d'y porter nouvellement paroisse. Ils se sont arrangés avec le juge de paix et ont concouru en grand nombre et obtenu que toutes les déclarations leur soient favorables. Le juge de paix n'y mit aucun scrupule et 10 déclarants proposèrent la nécessité de deux cimetières... mais la majorité des gens demandèrent les deux cimetières dans l'église interdite.»
Edité le 06-05-2008 à 20:30:17 par Bouuu Bouuu Bouuu |
|
|
|